"Ma petite maman chérie, j’ai reçu ton mot, je suis content par-dessus tout de ta réaction (…) Je suis sûr qu’il s’agit du sujet le plus élevé dont on puisse parler: la solitude affective, la difficulté de parler, toutes les oppressions enfin qui ferment la bouche…" Paris, le 5 juillet 1977, extrait d’une lettre de Bernard-Marie Koltès à sa mère, à qui il vient de faire lire sa pièce "La nuit juste avant les forêts".
"Tu tournais le coin de la rue lorsque je t’ai vu…" sont les premiers mots de ce texte majeur du théâtre français contemporain, et qui, après 30 ans, n’a toujours rien perdu de sa pertinence. La solitude et la honte de ceux qui sont au bord du monde. Avec des mots qui ne parviennent plus à sortir. C’est là que le théâtre, la littérature et le cinéma peuvent tenter une approche et briser parfois ce silence assourdissant.
Un soir à Bruxelles reçoit Nicolas Provost, réalisateur du film "The Invader", Eric Castex et Azeddine Benamara pour "La nuit juste avant les forêts" (création au Varia).









